Le paysage émotionnel de Miró

Mont-roig del Camp possède différents points de vue qui ont servi de modèle aux œuvres de Joan Miró: La Ferme, Mont-roig, le Pont, la Plage de Mont-roig ou bien Le village et l’église de Mont-roig ne sont que quelques-unes des œuvres peintes ici qui ont pris le paysage de cette localité comme source d’inspiration.

À travers l’itinéraire «Le paysage émotionnel de Miró», inclus dans l’audioguide Mas Miró, nous pourrons visiter les différents lieux balisés et observer de première main les paysages transformés par Miró en œuvres d’art de renommée mondiale.

 

« Toute mon œuvre est conçue à Mont-roig.« 

L’œuvre et l’univers de Miró ont été créés à Mont-roig, dans le cadre étroit du Mas Miró et des terres environnantes. C’est là qu’en 1911, après une dépression, Miró a décidé de se consacrer entièrement à la peinture.

Joan Miró et Mont-roig

Jusqu’en 1976 Miró passera pratiquement tous ses étés dans la ferme que ses parents avaient achetée en 1911. Son ancrage dans le paysage de Mont-roig, d’abord, et plus tard celui de Majorque, où il finit par s’établir définitivement dans les années cinquante, sera décisif pour son œuvre et son langage. Barcelone, Mont-roig, Majorque, mais aussi Paris (dans les années vingt), New York (années quarante) et le Japon (années soixante), forment ses paysages émotionnels, mais Mont-roig a toujours été le contrepoint, le choc originel vers lequel il retournait toujours et, en conséquence, son paysage émotionnel le plus important.

Mont-roig del Camp comme modèle

Mont-roig et ses paysages sont devenus un point d’attraction, un modèle et une source d’inspiration pour une grande partie de la première production picturale de Joan Miró.

Les beaux parages de La Roca ont donné naissance à un tableau nettement influencé par Cézanne: Mont-roig, Sant Ramon (1916). Miró disait que le secret de son œuvre était l’équilibre. La position de l’ermitage de Sant Ramon, les formes cubiques de la roche rougeâtre et l’ensemble de la composition, défiant les lois de l’équilibre, ont attiré l’attention du jeune Miró.

Dans La Plage de Mont-roig (1916), d’influence impressionniste, Miró représente la plage où tant de fois, descendant du Mas Miró à travers le ravin de La Pixerota, il est allé nager. Sur cette plage, avec son œil de génie, Miró choisit des pierres, des branches et des racines qu’il transformera ensuite en sculptures.

De cette même époque date Mont-roig, le village (1916), une vue de Mont-roig depuis Les Creus, d’où l’on peut contempler une église neuve majestueuse. Dans sa première période, Miró trouve son inspiration et une grande variété de thèmes pour ses tableaux dans les paysages et les éléments toujours proches de la ferme: des arbres, des ponts, des ruisseaux, etc. Deux bons exemples en sont Mont-roig, la rivière (1917) et Mont-roig, le pont (1917).

Après sa première exposition personnelle en 1918, en voyant pour la première fois sa production dans son ensemble, Miró reconsidère son travail. Il se met alors à peindre minutieusement, en dessinant chaque détail, comme s’il s’agissait d’une calligraphie. Les fruits de cette étape détailliste sont des tableaux tels que La Maison du Palmier (1918), Le Potager à l’âne (1918) et L’Ornière (1918), trois points de vue différents d’une même maison située à côté du Mas Miró.

Le Village et l’église de Mont-roig (1919) est une nouvelle vision du village, cette fois depuis le premier pont. Dans ce tableau Miró réalise une synthèse de ce qui avait été jusqu’ici son œuvre et une anticipation de la nouvelle étape à venir. Cette étape figurative se terminera avec La Ferme (1921-1922) qui prend comme modèle la façade du Mas Miró.